Science et propagande : plus personne ne réfléchit

Science et propagande : plus personne ne réfléchit

Le travail scientifique se résume aujourd'hui à suivre les ordres :
« C'est comme ça ! »
Pourquoi ? Qui se pose encore la question ?

L'Institut national de recherche agronomique français publie des pamphlets de propagande destinés au grand public ; il faut bien montrer que l'on travaille dans le sens des modes ambiantes, c'est à dire sustainable, healthier, carbon free and pesticide free. C'est ce dernier thème qui interpelle car le but énoncé est sans équivoque possible : "Vers une agriculture sans pesticides chimiques" (brochure en anglais pour être enfin lue au-delà de l'hexagone). À ce sujet on n'oubliera pas non plus que deux initiatives constitutionnelles feront l'objet d'un vote en Suisse, l'une visant à ne plus subventionner les agriculteurs utilisant des pesticides de synthèse, l'autre à les interdire totalement ainsi que l'importation de denrées alimentaires produites avec de tels moyens horriblement artificiels.

Il faudrait s'attendre que les raisons de viser à ce but soient discutées et pesées avant d'exposer des stratégies et des plans d'action pour l'atteindre.

Que nenni ! une fois encore, la question du pourquoi n'est plus posée, comme c'est le cas avec les « transitions » de toutes sortes et avec le « sauvetage » du climat. Le prix Nobel de chimie 2017 décrète de manière parfaitement didactique [1] : « On ne doit plus brûler d'énergies fossiles[1]. Parce qu'il le faut ». Comme le dit si bien ma petite fille de 4 ans : « c'est comme ça ! »

Une forte réduction allant jusqu'à l'élimination des pesticides de synthèse est adoptée comme un axiome; ça ressemble plutôt à un acte de foi, destructrice comme trop souvent.

Voilà un document très officiel d'une institution d'un État membre de l'UE. Les rédacteurs de ce prospectus se sont mis aux ordres d'oukases politiques décrétés on ne sait où ni comment. Ce sont des apparatchiks, comme il y en a beaucoup trop dans de telles institutions, sans liberté académique ni réelles responsabilités, mais seraient-il capables de les assumer ? On ne se préoccupe donc que d'organiser ce démantèlement et de se répartir des mandats de R&D.

La gestion du risque n'a plus aucune importance, même s'il ne sert à rien de diminuer à grands frais un risque minime et déjà suffisamment maîtrisé sauf à entretenir les anxiétés et les suspicions. Les considérations économiques ne doivent plus compter, le portemonnaie des Européens repus en supportera les conséquences. Et aucune mise en dépendance géopolitique qu'un défaut d'autosuffisance de notre continent pourrait entraîner ne semble déranger personne.

Arrêt du nucléaire, bannissement des OGM, élimination de la chimie de synthèse (pas seulement en agriculture), interdiction de la téléphonie 5G, des moteurs diesel : devant chaque indication de simple danger, il faut répondre par la renonciation. Le risque n'a plus de limite tolérable car personne ne veut en endosser la responsabilité. Les baby-boomers (mes contemporains), leurs enfants et petits-enfants ne savent pas pourquoi ils sont [encore] prospères et en si bonne santé ; il ne leur reste que la pantophobie.

J'ai entendu je ne sais où qu'il y aurait une loi de psychologie sociale qui dit que l'énormité des scandales et des récriminations va en proportion inverse de la gravité du problème présenté. Les performances de l'enseignement et de la formation professionnelle sont défaillantes, on ne s'en préoccupe que du bout des lèvres. Par contre, un loup en liberté dans une bergerie ou des nanogrammes de glyphosate dans le pipi, ça c'est de la plus haute importance.

À force de n'accepter plus aucun risque – sauf la certitude de rester abruti – il n'y aura plus aucun progrès possible. C'est le but des écolocrates qui dictent leur agenda à tout le reste de la classe politique et médiatique. Ils ne savent pas ce qu'ils font, ce n'est pas une raison de leur pardonner.

[1] Prière de m'expliquer comment brùle-t-on des énergies ?

Billet aussi publié sur le blog de l'auteur MR's blog
Wasserstoff Mobilität als Irrweg
Beinahe Blackout
 
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